Résumé Prix JMF 2014: Laurence Konkaly

Présentation par François Ferrero, Président du Comité scientifique:
 » Ces deux travaux portent la marque d’un engagement, à partir d’une expérience forte relatée,et aussi la manière légère, peu doctrinaire, voire méditative avec laquelle les auteurs s’expriment. »

Réflexion sur une spiritualité partagée dans la rencontre avec des personnes ayant un trouble du spectre autistique

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L’univers de l’autisme est déroutant, déstabilisant. Parfois inquiétant. Il pose problème, renvoie à des peurs profondes, insondables. Une autre logique y gouverne, un autre monde s’esquisse. Selon la gravité des troubles, très variables, les référents que l’on croyait communs à tout un chacun, tombent. La parole, si elle est présente, semble renvoyer à une autre réalité et quand elle se désagrège, à un silence de mystère. Ou de cris. Ou de joie sans mots. De chansons sans notes. Le regard – tu es là, je te vois, je te reconnais- le regard se détourne comme trop chargé, le geste, souhaité et redouté tout à la fois, ne s’estompe plus ou se trompe de sens.

Au travers des écueils soulevés par ce handicap, quand le geste du quotidien doit se réapprendre pour trouver sa place, est-il encore pertinent de poser la question de la spiritualité ? Selon l’auteure, toute formation en lien avec une composante spirituelle compte 3 volets. Le premier regroupe les connaissances théoriques, le second a trait à une pratique, aux expériences de soins, donnés et reçus, et le troisième sollicite l’histoire personnelle du sujet apprenant : celui-ci peut alors découvrir comment Dieu, en l’occurrence, vient éclairer la rencontre avec la personne handicapée et comment cette Lumière rejaillit sur la pratique et la connaissance dans une dynamique constante.

C’est à cette aventure que s’est attelée l’auteure, entraînant le lecteur dans sa vie et sa pratique, découvrant qu’il ne s’agit pas uniquement d’amener quelque chose aux personnes vivant avec un trouble du spectre autistique mais également de s’étonner et s’émerveiller de ce que ces dernières nous disent de Dieu.

Le texte a été intitulé : « La photographie ». Ce n’est pas uniquement une référence au métier de l’ami décédé, avec qui l’auteure a partagé les derniers mois de vie. Ni à une façon de vivre le monde et les autres, comme celle des personnes avec autisme. C’est aussi une ouverture sur une interrogation d’ordre existentiel, sur une « chambre noire » : et si ce qui apparaît sombre pouvait devenir lieu de lumière ?

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